Circulaire présidentielle 2025/10 de la Turquie : ce que chaque propriétaire de site web doit savoir
Le 21 juin 2025, la Turquie a publié la Circulaire présidentielle 2025/10, rendant la conformité aux WCAG 2.2 légalement obligatoire pour les sites web et applications mobiles des institutions publiques comme du secteur privé. Ce guide explique qui doit se conformer, quelles sont les exigences techniques, les échéances de conformité, et comment agir avant qu’il ne soit trop tard.
<p>Le 21 juin 2025, un nouveau cadre juridique d’envergure est entré discrètement en vigueur en Türkiye et concernera pratiquement toutes les organisations exploitant un site web ou une application mobile dans le pays. La Circulaire présidentielle n° 2025/10, publiée au Journal officiel n° 32933, impose que les propriétés numériques soient rendues accessibles à tous les utilisateurs — en particulier aux personnes handicapées et aux personnes âgées. Avec plus de 77 millions d’internautes en Turquie au début de l’année 2025 et des délais de conformité déjà en cours, la fenêtre d’action dont disposent les organisations est plus étroite qu’on ne le pense.</p>
<h2>Contexte : pourquoi la Turquie a agi maintenant</h2>
<p>La relation de la Turquie avec le droit des personnes handicapées remonte à deux décennies. La loi n° 5378, texte fondateur sur les droits des personnes handicapées, a été adoptée en 2005 et modifiée à plusieurs reprises depuis. Pendant des années, toutefois, l’accessibilité numérique est restée une zone grise dans le droit turc — évoquée dans l’esprit mais rarement appliquée dans la pratique. La Circulaire présidentielle de 2025 change radicalement la donne, en donnant pour la première fois une véritable force juridique aux obligations du pays en matière d’accessibilité numérique.</p>
<p>Le calendrier n’a rien d’un hasard. La Turquie accélère son agenda de transformation numérique tout en harmonisant son paysage juridique avec les normes internationales et européennes. L’Acte européen sur l’accessibilité, pleinement entré en vigueur dans l’UE en juin 2025, a servi de toile de fond. La Turquie — pays candidat entretenant des liens économiques et réglementaires étroits avec l’UE — a suivi la même trajectoire, en ancrant son cadre interne sur la même norme internationale : WCAG 2.2. La circulaire tire également sa force juridique de la loi n° 6563 sur la Réglementation du commerce électronique, ce qui signifie que les plateformes de commerce électronique sont soumises à des obligations légales explicites, et pas seulement à des orientations administratives.</p>
<p>Ce n’est pas la première fois que la Turquie utilise une circulaire présidentielle comme vecteur de politique numérique d’envergure. La Circulaire 2019/12 sur la sécurité de l’information et des communications a établi un précédent similaire en matière d’obligations de localisation des données et de cybersécurité. Mais la Circulaire 2025/10 est sans doute plus large dans sa portée : elle touche le secteur privé de manière bien plus directe que ses prédécesseurs et s’appuie sur un dispositif structuré de suivi et d’application qui faisait défaut aux instruments antérieurs.</p>
<p>L’ampleur humaine de cette réglementation est importante. La population turque comprend des millions de personnes présentant des déficiences visuelles, auditives, motrices et cognitives, ainsi qu’un segment de population âgée en forte croissance. L’inclusion numérique n’est pas une simple case à cocher en matière de conformité — c’est un prérequis à une participation égale à la vie civique et commerciale moderne en Turquie.</p>
<h2>Ce que la Circulaire 2025/10 exige réellement</h2>
<p>Au cœur du dispositif, la circulaire impose le respect de deux référentiels imbriqués. Le premier est la Liste de contrôle d’accessibilité web – Niveau A, élaborée par le ministère turc de la Famille et des Services sociaux spécifiquement pour le contexte réglementaire turc. Le second est WCAG 2.2, la directive internationalement reconnue publiée par le World Wide Web Consortium (W3C). Ces deux référentiels fonctionnent de concert : la liste de contrôle du ministère opérationnalise la norme internationale dans l’environnement administratif turc, tandis que WCAG 2.2 fournit le cadre technique sous-jacent.</p>
<p>WCAG 2.2 organise ses exigences autour de quatre principes fondamentaux, souvent résumés par l’acronyme POUR : le contenu doit être <strong>Perceptible</strong> (les utilisateurs peuvent le voir ou l’entendre sous une forme ou une autre), <strong>Utilisable</strong> (les utilisateurs peuvent le parcourir et interagir avec lui), <strong>Compréhensible</strong> (le contenu et le comportement de l’interface sont clairs) et <strong>Robuste</strong> (le contenu est compatible avec les technologies d’assistance actuelles et futures). Au sein de ces principes, on trouve 13 lignes directrices et un ensemble de critères de succès testables, classés en trois niveaux — A, AA et AAA — le niveau A représentant le socle minimal et le niveau AA étant la cible de la plupart des cadres réglementaires dans le monde.</p>
<p>La circulaire exige explicitement le respect d’au moins du niveau A, qui couvre des questions fondamentales telles que la fourniture d’alternatives textuelles au contenu non textuel, la garantie que toutes les fonctionnalités sont accessibles au clavier, le fait de laisser aux utilisateurs suffisamment de temps pour lire et utiliser le contenu, et l’évitement de contenus connus pour provoquer des crises d’épilepsie. De nombreuses organisations qui souhaitent démontrer un engagement réel en faveur de l’accessibilité — et se préparer à un durcissement futur de la réglementation — devraient considérer WCAG 2.2 niveau AA comme la cible pratique, et non comme un simple plafond minimal.</p>
<blockquote><p>Dans WCAG 2.2, la liste de contrôle de niveau A définit les critères d’accessibilité de base, et tous les sites web doivent au minimum s’y conformer. La liste de contrôle améliore l’utilisabilité pour les utilisateurs présentant des limitations visuelles, auditives et motrices.</p></blockquote>
<p>Les applications mobiles sont couvertes au même titre que les sites web. La circulaire ne distingue pas entre applications mobiles natives et expériences web optimisées pour mobile — si votre organisation est présente sur iOS ou Android, ces plateformes sont soumises aux mêmes exigences que vos propriétés web sur ordinateur.</p>
<h2>Qui doit se conformer — et quand</h2>
<p>La circulaire établit une distinction claire entre les obligations du secteur public et celles du secteur privé, avec deux fenêtres de conformité distinctes.</p>
<p><strong>Dans l’année suivant la publication de la circulaire (c’est-à-dire d’ici le 21 juin 2026)</strong>, les organisations suivantes doivent avoir atteint la conformité :</p>
<ul>
<li>Toutes les institutions publiques et leurs organismes affiliés</li>
<li>Les universités (publiques et privées)</li>
<li>Les municipalités et les sociétés détenues par les municipalités</li>
<li>Les hôpitaux privés</li>
<li>Les banques et institutions financières</li>
<li>Les principaux opérateurs de transport</li>
<li>Les opérateurs télécoms comptant plus de 200 000 abonnés</li>
</ul>
<p><strong>Dans un délai de deux ans (c’est-à-dire d’ici le 21 juin 2027)</strong>, les entités du secteur privé doivent atteindre une conformité totale. Cette deuxième vague couvre :</p>
<ul>
<li>Les plateformes de commerce électronique réglementées par la loi n° 6563</li>
<li>Plus largement, les prestataires de services du secteur privé</li>
<li>Les agences de voyage de groupe A opérant sous licence du ministère du Tourisme</li>
<li>Les organisations professionnelles et leurs organismes affiliés</li>
</ul>
<p>En pratique, si votre organisation exploite un site web commercial ciblant des utilisateurs turcs — que vous soyez un détaillant national, une marque étrangère ayant des clients en Turquie ou une plateforme SaaS au service d’entreprises turques — vous entrez presque certainement dans le champ d’application. La portée de la réglementation s’étend à toute personne morale de droit privé fournissant des services numériques, et pas seulement aux secteurs explicitement mentionnés. Les organisations devraient partir du principe qu’elles sont couvertes plutôt que présumer qu’elles sont exemptées.</p>
<blockquote><p>La réglementation a été élargie pour couvrir à la fois les institutions publiques et les organisations du secteur privé. En particulier, les prestataires de services dans le domaine du commerce numérique sont désormais tenus de respecter les normes d’accessibilité.</p></blockquote>
<h2>L’architecture de suivi et d’application</h2>
<p>L’un des aspects les plus significatifs de la Circulaire 2025/10 est qu’elle ne se contente pas d’édicter des exigences en laissant leur application au hasard. Le ministère de la Famille et des Services sociaux a mis en place une structure institutionnelle dédiée au suivi et à l’application de la conformité, composée de plusieurs commissions spécialisées.</p>
<p>La <strong>Commission de suivi de l’accessibilité</strong> est chargée d’inspecter régulièrement les services numériques et les sites web au regard des normes d’accessibilité. La <strong>Commission consultative</strong> fournit des orientations politiques et facilite l’engagement des parties prenantes, aidant les organisations à comprendre leurs obligations. Côté mobile, une structure parallèle existe : la <strong>Commission de suivi de l’accessibilité des applications mobiles</strong> supervise la conformité des applications, tandis que la <strong>Commission d’examen de l’accessibilité des applications mobiles</strong> réalise des analyses techniques détaillées.</p>
<p>Point crucial, la circulaire ne laisse pas entièrement à l’État le soin de déterminer la conformité. Chaque organisation concernée — qu’il s’agisse d’un organisme public, d’une université ou d’une entité privée — est tenue de constituer sa propre <strong>Commission interne d’examen de l’accessibilité</strong>. Cet organe interne est chargé d’évaluer l’accessibilité technique des propriétés numériques de l’organisation, de préparer un rapport de conformité sur la base de ses conclusions et de soumettre ce rapport à la Commission nationale de suivi. En d’autres termes, le dispositif comporte un volet d’auto-déclaration assorti d’une supervision externe — une structure familière à quiconque a déjà navigué dans les cadres de responsabilité du RGPD.</p>
<p>Les organisations qui parviennent à se conformer et à passer avec succès le processus de suivi obtiennent le droit d’afficher un <strong>Logo d’accessibilité</strong> officiel délivré par le ministère de la Famille et des Services sociaux. Ce logo signale aux utilisateurs une conformité vérifiée et est valable pour une période de deux ans, au terme de laquelle le processus d’évaluation doit être répété pour maintenir cette désignation. On peut le considérer comme un label de qualité — la preuve visible que votre propriété numérique respecte la norme d’accessibilité de la Turquie et a été vérifiée comme telle.</p>
<h2>Principales exigences techniques : ce dont votre site et votre application ont réellement besoin</h2>
<p>La conformité à WCAG 2.2 niveau A (le minimum requis) implique un ensemble précis de mises en œuvre techniques. Voici les domaines les plus impactants dans lesquels les organisations constatent généralement des lacunes lors des audits d’accessibilité.</p>
<ul>
<li><strong>Texte alternatif pour les images :</strong> chaque image porteuse de sens sur votre site doit comporter un attribut <code>alt</code> descriptif afin que les lecteurs d’écran puissent transmettre la finalité de l’image aux utilisateurs malvoyants. Les images décoratives doivent utiliser un <code>alt=''</code> vide pour indiquer qu’elles peuvent être ignorées.</li>
<li><strong>Navigabilité au clavier :</strong> tous les éléments interactifs — formulaires, boutons, menus déroulants, boîtes de dialogue modales — doivent être utilisables uniquement au clavier. De nombreux sites reposent sur des interactions au survol de la souris qui excluent totalement les utilisateurs au clavier ou utilisant des dispositifs de commande par contacteur.</li>
<li><strong>Pas de recours à la couleur seule :</strong> l’information ne doit jamais être transmise par la couleur seule. Les états d’erreur, les champs obligatoires et les indicateurs de statut doivent disposer d’indices visuels secondaires (libellés, icônes ou motifs) afin que les utilisateurs daltoniens ou malvoyants puissent les percevoir.</li>
<li><strong>Sous-titres pour l’audio et la vidéo préenregistrés :</strong> tout contenu audio, y compris la vidéo avec bande sonore, doit comporter des sous-titres synchronisés. Cela profite aux utilisateurs sourds ou malentendants, ainsi qu’aux utilisateurs dans des environnements bruyants.</li>
<li><strong>Structure logique des titres :</strong> les pages doivent utiliser les balises de titre (<code><h1></code> à <code><h6></code>) dans une hiérarchie cohérente. Les utilisateurs de lecteurs d’écran naviguent souvent par les titres pour comprendre la structure d’une page ; un document rempli de balises <code><h1></code> ou présentant des niveaux de titres sautés rend cette navigation impossible.</li>
<li><strong>Libellés de formulaire :</strong> chaque champ de saisie dans un formulaire doit avoir un libellé associé de manière programmatique, soit via l’élément <code><label></code>, soit via des attributs ARIA. Le texte indicatif (placeholder) seul ne satisfait pas à cette exigence.</li>
<li><strong>Délais suffisants :</strong> si votre site comporte des expirations de session ou des actions limitées dans le temps, les utilisateurs doivent être avertis et avoir la possibilité de prolonger ou de désactiver le délai lorsque cela est possible.</li>
<li><strong>Pas de contenu clignotant plus de trois fois par seconde :</strong> les animations clignotantes ou stroboscopiques peuvent déclencher des crises d’épilepsie photosensible et sont interdites sans mécanisme permettant de les désactiver.</li>
</ul>
<p>Les organisations visant le niveau AA — qui représente la meilleure pratique internationale et est susceptible de devenir la cible à mesure que le cadre réglementaire mûrit — devront également traiter les rapports de contraste des couleurs (minimum de 4,5:1 pour le texte normal), la possibilité d’agrandir le texte jusqu’à 200 % sans perte de contenu ni de fonctionnalité, et la cohérence de la navigation sur l’ensemble du site.</p>
<h2>Comparaison avec les réglementations mondiales en matière d’accessibilité</h2>
<p>La Circulaire 2025/10 place la Turquie au cœur d’un consensus mondial croissant selon lequel l’accessibilité du web n’est pas optionnelle. L’Acte européen sur l’accessibilité, qui a achevé sa phase de transition en juin 2025 dans les États membres de l’UE, adopte une approche largement similaire — imposant une conformité fondée sur WCAG pour les services numériques des secteurs public et privé. Les États-Unis disposent depuis longtemps de l’Americans with Disabilities Act et de la Section 508 comme piliers des exigences d’accessibilité, WCAG 2.2 étant désormais la norme technique de référence dans la réglementation fédérale américaine.</p>
<p>Ce qui distingue l’approche de la Turquie, c’est la combinaison de sa Liste de contrôle ministérielle d’accessibilité avec WCAG 2.2, qui donne aux régulateurs turcs un instrument de conformité élaboré au niveau national et contextualisé localement, pouvant être adapté à mesure que les besoins évoluent. Le programme de Logo d’accessibilité est également un ajout notable — il crée un signal de marché positif en faveur de la conformité, et pas seulement une sanction en cas de non-conformité.</p>
<p>Pour les organisations multinationales déjà conformes à la Directive européenne sur l’accessibilité du web ou à l’EAA, la bonne nouvelle est que la conformité à WCAG 2.2 obtenue pour l’Europe satisfera en grande partie aux exigences techniques de la Turquie. L’harmonisation réglementaire entre la Turquie et l’UE en matière de normes d’accessibilité signifie que les investissements réalisés pour un marché se répercutent largement sur l’autre, réduisant le coût supplémentaire d’une conformité spécifique à la Turquie.</p>
<h2>Étapes pratiques pour atteindre la conformité</h2>
<p>Avec des délais déjà en cours, les organisations ont besoin d’une approche structurée. Voici une feuille de route fondée sur les exigences mêmes de la circulaire et sur les bonnes pratiques en matière d’accessibilité.</p>
<ol>
<li><strong>Commander un audit d’accessibilité.</strong> Avant de pouvoir corriger ce qui ne va pas, vous devez savoir ce qui ne va pas. Les outils d’analyse automatisée peuvent identifier rapidement une part importante des violations de WCAG, mais ils ne peuvent pas tout détecter — des tests utilisateurs impliquant des personnes handicapées et un examen manuel par des experts sont essentiels pour une couverture complète. Visez à combiner évaluation automatisée et évaluation manuelle.</li>
<li><strong>Mettre en place votre Commission interne d’examen de l’accessibilité.</strong> La circulaire exige que les organisations concernées en créent une. Attribuez une responsabilité claire — il ne doit pas s’agir d’un comité de façade. Associez votre équipe de développement web, vos designers UX, vos responsables de contenu et vos juristes ou responsables conformité.</li>
<li><strong>Prioriser d’abord vos pages les plus fréquentées et les plus risquées.</strong> Si vous ne pouvez pas remédier immédiatement à l’ensemble de votre patrimoine numérique, concentrez-vous sur votre page d’accueil, vos parcours utilisateurs clés (paiement, inscription, gestion de compte) et toute page destinée à l’administration ou au service public. Les pages à fort trafic ont le plus grand impact sur les utilisateurs et la plus grande exposition lors de tout exercice de suivi.</li>
<li><strong>Mettre en place une surcouche ou un widget d’accessibilité comme couche à court terme.</strong> Des outils comme le SDK Accsible peuvent fournir immédiatement des fonctionnalités d’accessibilité visibles par l’utilisateur — contraste ajustable, agrandissement de la police, aides à la navigation au clavier, synthèse vocale — pendant que des corrections plus profondes du code sont en cours. Une surcouche ne remplace pas un travail structurel sur l’accessibilité, mais elle améliore de manière significative l’expérience des utilisateurs handicapés dès maintenant et démontre un effort de bonne foi pendant la période de transition vers la conformité.</li>
<li><strong>Publier une déclaration d’accessibilité.</strong> Même si la circulaire n’impose pas explicitement une déclaration publique d’accessibilité dans les mêmes termes que la Directive européenne sur l’accessibilité du web, en publier une est considérée comme une bonne pratique et signale de la transparence aux régulateurs comme aux utilisateurs. Votre déclaration doit décrire votre niveau de conformité actuel, les limitations connues et la manière dont les utilisateurs peuvent demander un accès alternatif au contenu.</li>
<li><strong>Intégrer l’accessibilité dans votre flux de développement.</strong> Une remédiation ponctuelle ne suffit pas. Intégrez des contrôles d’accessibilité dans votre pipeline CI/CD, mettez en place des processus de revue de conception incluant des critères d’accessibilité et formez les créateurs de contenu aux pratiques d’écriture et de production de médias accessibles.</li>
<li><strong>Vous préparer à l’évaluation pour le Logo d’accessibilité.</strong> Commencez dès maintenant à documenter vos efforts de conformité afin que, lorsque vous soumettrez votre dossier à la Commission de suivi, vous disposiez d’une trace documentaire claire. Le processus d’évaluation sera plus fluide — et le résultat plus favorable — si la conformité est bien étayée dès le départ.</li>
</ol>
<h2>Ce qui se passe si vous ne vous conformez pas</h2>
<p>La circulaire elle-même est une directive présidentielle plutôt qu’un texte législatif assorti de sanctions détaillées, mais cela ne signifie pas que la non-conformité est sans conséquence. Les fondements législatifs existants — en particulier la loi n° 5378 et la loi n° 6563 — fournissent la base de l’application, et les commissions de suivi nouvellement créées disposent de fonctions de supervision et de reporting. Les organisations jugées non conformes lors d’un contrôle ne recevront pas le Logo d’accessibilité, ce qui crée en soi un désavantage en termes de réputation et de compétitivité sur des marchés où la certification d’accessibilité est de plus en plus attendue par les acheteurs publics et les autorités de régulation.</p>
<p>Pour les organisations du secteur privé, la tendance générale de la réglementation numérique turque est claire : la non-conformité dans les secteurs réglementés entraîne une action administrative croissante. La loi turque sur la cybersécurité n° 7545, adoptée en mars 2025, a illustré la volonté des régulateurs turcs d’imposer des sanctions significatives en cas de manquements à la conformité numérique. Si l’application de l’accessibilité peut commencer dans une logique de suivi et d’accompagnement, les organisations qui ignorent totalement le cadre — en particulier celles relevant de la première vague, soumise au délai d’un an — prennent un risque réglementaire substantiel.</p>
<p>Il existe également une dimension réputationnelle. Le Logo d’accessibilité est conçu comme un signal public de conformité. À mesure que le dispositif sera mieux connu des consommateurs et des clients professionnels turcs, son absence pourrait devenir un élément de différenciation visible — et pas en faveur de l’organisation. Pour les marques internationales opérant en Turquie, les enjeux de réputation dépassent les seuls marchés domestiques.</p>
<h2>Points clés à retenir</h2>
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<li><strong>Le compte à rebours a déjà commencé.</strong> La Circulaire présidentielle 2025/10 est entrée en vigueur le 21 juin 2025. Les institutions publiques, les universités, les banques, les hôpitaux et les grands opérateurs télécoms ont jusqu’au 21 juin 2026 — les acteurs du secteur privé et du commerce électronique ont jusqu’au 21 juin 2027. Aucun de ces délais n’est lointain au regard du travail à accomplir.</li>
<li><strong>WCAG 2.2 niveau A est le minimum ; le niveau AA doit être votre cible.</strong> La circulaire impose la liste de contrôle de niveau A du ministère et l’alignement sur WCAG 2.2. Les organisations qui prennent au sérieux une conformité durable — et le service réel aux utilisateurs handicapés — devraient considérer le niveau AA comme le seuil pratique.</li>
<li><strong>Vous devez constituer une Commission interne d’examen de l’accessibilité.</strong> Il s’agit d’une exigence organisationnelle explicite de la circulaire, et non d’une simple recommandation. Attribuez des responsabilités, constituez une équipe interfonctionnelle et documentez votre parcours de conformité.</li>
<li><strong>Outils automatisés + expertise humaine + tests utilisateurs = véritable conformité.</strong> Aucun outil d’analyse automatisée ne détecte tout. Combiner la technologie avec l’expertise humaine et des tests impliquant des personnes concernées est la seule manière d’atteindre une accessibilité réelle et défendable.</li>
<li><strong>Un SDK de surcouche d’accessibilité peut combler l’écart pendant que le travail structurel se poursuit.</strong> Des solutions comme Accsible offrent immédiatement des fonctionnalités d’accessibilité qui profitent aux utilisateurs dès maintenant, tandis que des corrections plus profondes du code sont menées — démontrant un engagement et améliorant l’ergonomie en parallèle des correctifs à plus long terme.</li>
</ul>
